
Sécheresse, stocks épuisés, prix en hausse : comment faire durer son foin, quelles alternatives sans risque et ce qu'il ne faut jamais rationner.
Les prés ont jauni dès la fin du mois de juin. Dans beaucoup d'écuries, on a sorti le foin au milieu de l'été, comme en plein mois de janvier. Et à l'approche de l'hiver, le constat tombe partout de la même façon : les stocks fondent, les fournisseurs refusent de nouveaux clients et la botte qui coûtait 40 euros l'an dernier en vaut désormais 45, quand on en trouve.
La sécheresse et les canicules de l'été 2026 ont provoqué une pénurie de foin que les professionnels décrivent comme « nationale, voire européenne ». Les éleveurs de bovins sont en première ligne, mais les chevaux sont tout autant concernés : un équidé est d'abord un mangeur de fourrage, et il n'existe pas de substitut parfait au foin.
Voici ce qui s'est passé, ce que l'on sait des prix, et surtout ce que vous pouvez faire, concrètement, pour passer l'hiver sans mettre la santé de votre cheval en jeu — en commençant par la seule règle qui ne souffre aucune exception.
Ce qui s'est passé cet été
La pénurie de 2026 n'est pas due à un seul phénomène, mais à trois qui se sont additionnés.
- Une récolte de printemps avancée et réduite. La chaleur précoce a fait mûrir l'herbe deux à trois semaines plus tôt que d'habitude. Les premières coupes ont été faites dans l'urgence, avec des rendements en baisse d'environ 20 % selon les producteurs, et jusqu'à des récoltes réduites des deux tiers dans les zones les plus sèches.
- Des repousses quasi inexistantes. Sans pluie, pas de deuxième coupe. Les foins de fin d'été, qui complètent normalement les stocks, n'ont tout simplement pas existé dans de nombreuses régions.
- Des stocks d'hiver entamés en été. C'est le point le plus lourd de conséquences. Les prés grillés ne nourrissant plus les animaux, beaucoup d'éleveurs et de propriétaires distribuent du foin depuis la mi-juin. Un stock calculé pour quatre à six mois d'hiver doit désormais en couvrir huit ou plus.
Paradoxe de la situation : 2025 avait été une année d'abondance. Le foin était bon marché et une partie est même restée invendue. Beaucoup de détenteurs n'ont donc pas constitué de réserve, et se retrouvent en quête de fourrage au même moment que tout le monde.
Les prix : ce que l'on sait vraiment
Il n'existe pas de cotation officielle unique du foin pour les particuliers. Les prix dépendent de la région, de la qualité, du format de la botte et, de plus en plus, du transport. Voici les repères relevés par la presse régionale en septembre 2026 :
| Où | Repère relevé | Source et date |
|---|---|---|
| Tarn | Près de 150 € la tonne hors transport, soit un prix multiplié par trois | France 3 Occitanie, 6 septembre |
| Négociant interrogé au national | 230 € la tonne avant transport, contre 130 € l'an dernier | France 2, septembre |
| Alpes-Maritimes | Botte passée de 40 à 45 € (+12 %) pour une association équestre | France 3 Provence-Alpes-Côte d'Azur, 22 septembre |
| Yonne | Jusqu'à 260 € la tonne annoncés par une ferme équestre | ICI Yonne, 29 septembre |
Ces chiffres ne sont pas comparables entre eux au centime près, et ne doivent pas l'être : une tonne « hors transport » chez le producteur n'a rien à voir avec une botte livrée devant votre box. Ce qui compte, c'est la tendance, et elle est nette : le foin coûte de 12 % à trois fois plus cher qu'en 2025 selon les endroits, et la hausse, amorcée en août, devrait se prolonger tout l'hiver.
Le prix du foin lui-même n'est pas seul en cause. Le carburant, les engrais et le transport ont eux aussi augmenté, et c'est souvent la livraison qui fait exploser la facture finale pour un particulier qui achète quelques bottes à la fois.
Qui est le plus exposé
Tous les détenteurs paieront leur foin plus cher. Certains, cependant, sont nettement plus vulnérables.
- Les propriétaires de chevaux au pré, sans stock. Ceux qui comptaient sur l'herbe jusqu'en novembre et achètent leur foin au fil de l'eau se retrouvent en concurrence directe avec les professionnels, sans le poids d'un client régulier.
- Les petites structures et les associations. Pour une association de protection équine, le foin est souvent le premier poste de dépense, devant le vétérinaire. Une hausse de quelques euros par botte représente plusieurs milliers d'euros sur l'année.
- Les écuries de pension. Elles ont fixé leurs tarifs avant la crise et absorbent la hausse — jusqu'au moment où elles ne le peuvent plus. Une révision du prix de la pension en cours d'année est à prévoir dans certaines structures.
Les fournisseurs, de leur côté, font des choix : leurs propres animaux d'abord, puis leurs clients habituels, et enfin, s'il en reste, les nouveaux acheteurs. Si vous n'avez pas de fournisseur attitré, c'est le moment d'en chercher un, pas en décembre.
Ce que fait l'État (et pour qui)
Plusieurs mesures ont été prises au cours de l'été pour augmenter le fourrage disponible. Elles visent les agriculteurs, pas directement les propriétaires de chevaux, mais elles ont un effet sur l'offre de foin.
- Récolte des jachères autorisée. Après la canicule de juillet, le ministère de l'Agriculture a ouvert une dérogation permettant de faucher ou de faire pâturer les jachères déclarées à la PAC, d'abord pour les éleveurs, puis, à partir du 8 août, pour tous les agriculteurs. La démarche passe par une demande de reconnaissance de force majeure auprès de la direction départementale des territoires.
- Mesures préfectorales locales. Certains départements ont autorisé la coupe anticipée des haies ou d'autres assouplissements, selon la situation locale. Renseignez-vous auprès de votre préfecture ou de votre chambre d'agriculture.
- Contrôles reportés. Les contrôles administratifs non prioritaires ont été décalés pour soulager les exploitations.
Les chambres d'agriculture, notamment dans les départements les plus touchés, réclament par ailleurs un plan d'aide et un soutien de trésorerie. Pour un particulier propriétaire d'un ou deux chevaux, en revanche, aucune aide spécifique n'a été annoncée à ce jour.
La règle d'or : on ne rationne jamais la fibre
Face à un stock qui diminue, la tentation est forte de « faire tenir » en diminuant les rations. C'est précisément ce qu'il ne faut pas faire avec un cheval.
Le cheval est un herbivore conçu pour manger en continu, par petites quantités, une quinzaine d'heures par jour. Son estomac produit de l'acide en permanence, que le fourrage mâché tamponne. Son intestin a besoin d'un flux régulier de fibres pour fonctionner. Supprimer ou espacer le fourrage, c'est s'exposer à deux risques bien documentés :
- Les ulcères gastriques, favorisés par les longues périodes de jeûne — un sujet que nous détaillons dans notre guide des ulcères gastriques du cheval ;
- Les coliques, en particulier lorsqu'une baisse de fourrage s'accompagne d'un changement brutal d'alimentation.
Les nutritionnistes équins s'accordent sur un ordre de grandeur : un cheval doit consommer chaque jour une quantité de fourrage représentant environ 1,5 à 2 % de son poids vif, et ne jamais descendre sous un plancher minimal, même pour un cheval au régime. Ce plancher n'est pas négociable : si le foin manque, on remplace une partie de la fibre, on ne la supprime pas.
Les alternatives au foin, et leurs pièges
Aucune alternative ne remplace intégralement un bon foin. Plusieurs peuvent en revanche couvrir une partie de la ration, à condition de connaître leurs limites. Tout changement doit être progressif — une transition sur une à deux semaines est la règle — et idéalement validé avec votre vétérinaire ou un nutritionniste équin.
| Alternative | Intérêt | Le piège à connaître |
|---|---|---|
| Paille | Moins chère, plus disponible, très bon « occupationnel » pour mâcher longtemps | Pauvre en énergie et en protéines ; en trop grande part ou introduite brutalement, risque de colique d'obstruction. Jamais en ration unique. |
| Enrubanné | Fourrage récolté plus humide, souvent appétent | Doit être bien sec (au moins 50 % de matière sèche) et sans moisissure ; une botte entamée se consomme en quelques jours. Risque de botulisme si le film est percé ou la botte mal conservée. |
| Luzerne déshydratée | Riche en fibres et en protéines, se stocke bien | Trop riche pour être distribuée à volonté ; à intégrer comme complément, pas comme fourrage principal. |
| Pulpe de betterave | Fibres très digestes, intéressante pour les chevaux âgés ou difficiles à garder en état | Se distribue réhydratée et ne remplace pas la mastication longue du foin. |
| Fibres en granulés ou en briquettes | Composition stable, stockage facile | Coût au kilo élevé et ingestion rapide : le cheval mâche moins longtemps qu'avec du foin. |
Les chevaux « faciles », poneys ronds et chevaux au régime, méritent une attention particulière : leur fibre doit rester peu énergétique, et la tentation de compenser le manque de foin par des aliments plus riches peut les exposer à la fourbure. Sur ce point, voir pourquoi l'automne est aussi une saison à risque de fourbure.
Prés râpés : le danger caché d'octobre
La sécheresse a laissé derrière elle des prés pelés, et l'automne n'arrange rien. Or un cheval qui a faim sur une pâture nue mange ce qu'il trouve — et ce n'est pas toujours de l'herbe.
- Les graines d'érable sycomore. C'est la saison où elles tombent en masse. Un pré sans herbe pousse les chevaux à les ingérer, avec un risque de myopathie atypique, maladie souvent mortelle. Nous expliquons comment repérer l'arbre et protéger son pré dans notre article sur la myopathie atypique.
- Les plantes toxiques. Délaissées quand l'herbe abonde, certaines deviennent consommées faute de mieux. Faites le tour de vos clôtures et des haies accessibles.
- Le sable et la terre. Un cheval qui broute un sol nu ingère du sable, avec un risque de colique de sable. Distribuer le fourrage dans un râtelier ou sur un sol stabilisé plutôt qu'à même la terre limite ce risque.
Paradoxalement, un pré râpé est donc parfois plus dangereux qu'un paddock sans herbe : mieux vaut un cheval nourri au foin sur une surface saine qu'un cheval qui cherche sa ration sur une pâture épuisée.
Acheter du foin en période de pénurie
Quelques réflexes permettent d'acheter mieux, et de ne pas se faire piéger.
- Commandez tôt, et pour tout l'hiver si vous le pouvez. Les prix ne baisseront pas avant les prochaines récoltes. Un stock sécurisé en octobre coûtera moins cher qu'un achat d'urgence en février.
- Fidélisez un fournisseur. Les producteurs servent en priorité leurs clients réguliers. Un engagement sur la saison, même modeste, vaut souvent mieux qu'une série d'achats ponctuels.
- Mutualisez. Plusieurs propriétaires voisins qui commandent ensemble réduisent fortement le coût du transport, qui pèse lourd cette année.
- Contrôlez la qualité. Odeur agréable, absence de poussière visible à l'ouverture, pas de zones blanches ou noircies, pas de chaleur au cœur de la botte. Un foin récolté très tôt cette année peut aussi être plus grossier que d'habitude.
- Demandez le poids. Comparez toujours en prix à la tonne, livraison comprise.
- Méfiez-vous des offres trop belles. Comme à chaque pénurie, des annonces de foin à prix cassé, livrable de loin contre un acompte, circulent en ligne. Ne versez jamais d'acompte important à un vendeur que vous ne pouvez pas rencontrer ni identifier.
Pensez enfin au stockage : un foin cher mal protégé de l'humidité est un foin perdu. Une bâche ventilée, des palettes au sol et un abri bien aéré évitent de voir partir en moisissure une partie d'un stock qui vaut désormais de l'or.
Pension, achat, vente : les effets en chaîne
La pénurie de foin ne se limite pas à la mangeoire. Elle se répercute sur l'ensemble de la vie du propriétaire.
Si votre cheval est en pension, une hausse du tarif en cours d'année n'est pas exclue. Relisez votre contrat : les conditions de révision du prix y figurent normalement. Échanger tôt avec le gérant de l'écurie vaut mieux qu'une mauvaise surprise sur la facture de décembre. Et si vous cherchez une nouvelle pension, posez la question de l'approvisionnement en foin dès la première visite : une écurie qui a sécurisé ses stocks est une écurie bien gérée. Parcourez les écuries référencées près de chez vous.
Sur le marché des chevaux, les sécheresses ont un effet connu : certains propriétaires, faute de pouvoir nourrir tous leurs animaux, mettent en vente plus de chevaux à l'automne. C'est une occasion pour certains acheteurs, mais aussi un piège. Un achat ne se décide pas parce qu'une annonce semble urgente : la visite d'achat vétérinaire reste indispensable, et l'état d'un cheval nourri a minima pendant l'été doit être examiné avec attention. Si vous envisagez un premier achat, notre guide du premier cheval vous aidera à ne pas vous précipiter.
Dans votre budget, le fourrage est un poste qu'il faut désormais revoir à la hausse, au moins pour cet hiver. Pour replacer cette dépense dans le coût global d'un cheval, voir ce que coûte réellement un cheval en 2026.
Ce qu'il faut retenir
La pénurie de foin de 2026 est réelle, étendue et durable : elle ne se résorbera pas avant les récoltes du printemps prochain. Les prix ont augmenté de 12 % à trois fois selon les régions, les fournisseurs priorisent leurs clients habituels, et les aides publiques visent d'abord les agriculteurs.
Pour le propriétaire, la stratégie tient en peu de mots : sécuriser son stock maintenant, réduire le gaspillage, compléter la ration avec des alternatives connues et introduites progressivement, et surveiller de près les prés râpés. Le reste est affaire de bon sens et de dialogue avec son vétérinaire.
En période de tension, l'entraide entre cavaliers, éleveurs et écuries fait toute la différence. Vous cherchez une pension ou un cheval ? Trouvez une écurie et parcourez les annonces disponibles. Vous vendez ? Déposez votre annonce sur Premier Galop.
Faire durer son stock de foin cet hiver
Durée estimée : 1 h
- 1
Faites l'inventaire de votre stock : nombre de bottes, poids approximatif de chacune, état de conservation. Calculez ensuite les besoins de vos chevaux jusqu'au retour de l'herbe, sur la base d'environ 1,5 à 2 % de leur poids vif en fourrage par jour, pour savoir combien il vous manque.
- 2
Sécurisez le manque dès maintenant auprès d'un fournisseur, idéalement pour toute la saison. Comparez les offres en prix à la tonne livraison comprise, et pensez à grouper la commande avec des propriétaires voisins pour réduire le coût du transport.
- 3
Réduisez le gaspillage avant de toucher à la ration : filet à foin à petites mailles, râtelier couvert, distribution sur un sol propre plutôt qu'à même la boue. Le foin piétiné ou souillé est la première source de perte.
- 4
Si le foin ne suffit pas, remplacez progressivement une partie de la ration par une autre source de fibres (paille de bonne qualité, luzerne déshydratée, pulpe de betterave, fibres en granulés), sur une à deux semaines, en accord avec votre vétérinaire ou un nutritionniste équin. Ne supprimez jamais la fibre.
- 5
Protégez votre stock : bottes sur palettes, à l'abri de la pluie, dans un lieu ventilé. Inspectez chaque livraison et écartez tout lot poussiéreux, moisi ou qui chauffe au cœur de la botte.
- 6
Surveillez l'état de vos chevaux toutes les semaines (silhouette, côtes, crottins, comportement) et faites le tour des prés râpés : graines d'érable sycomore, plantes toxiques, sable. En cas de doute sur l'état d'un cheval, appelez votre vétérinaire.
Questions fréquentes
Pourquoi y a-t-il une pénurie de foin en 2026 ?+
La pénurie résulte de trois phénomènes cumulés lors de l'été 2026. D'abord, la chaleur précoce a avancé la récolte de printemps de deux à trois semaines, avec des rendements en baisse d'environ 20 % et jusqu'à des deux tiers dans les zones les plus sèches. Ensuite, l'absence de pluie a empêché les repousses et donc les coupes de fin d'été. Enfin, les prés étant grillés, éleveurs et propriétaires ont dû distribuer du foin dès la mi-juin, entamant en été les stocks prévus pour l'hiver. La pénurie est décrite par les professionnels comme nationale, voire européenne, ce qui limite la solidarité entre régions.
Combien coûte le foin à l'automne 2026 ?+
Il n'existe pas de prix unique : il dépend de la région, de la qualité, du format de la botte et surtout du transport. Les repères relevés par la presse régionale en septembre 2026 vont de près de 150 € la tonne hors transport dans le Tarn, soit un prix multiplié par trois, à 230 € la tonne avant transport chez un négociant (contre 130 € l'an dernier), et jusqu'à 260 € la tonne annoncés dans l'Yonne. À la botte, une association des Alpes-Maritimes est passée de 40 à 45 €. Comparez toujours les offres en prix à la tonne, livraison comprise, car le poids d'une botte varie fortement.
Peut-on diminuer la ration de foin de son cheval pour faire durer le stock ?+
Non, c'est précisément ce qu'il ne faut pas faire. Le cheval est conçu pour manger du fourrage en continu : réduire ou espacer les apports favorise les ulcères gastriques et les coliques. Les nutritionnistes équins retiennent un ordre de grandeur de 1,5 à 2 % du poids vif en fourrage par jour, avec un plancher à ne jamais franchir, même pour un cheval au régime. Si le foin manque, on remplace progressivement une partie de la ration par une autre source de fibres, et on économise sur le gaspillage grâce à un filet à foin ou un râtelier couvert, jamais sur la quantité de fibres.
Peut-on nourrir un cheval avec de la paille à la place du foin ?+
En partie seulement. La paille est moins chère, plus facile à trouver et occupe le cheval longtemps, mais elle est pauvre en énergie et en protéines. Distribuée en trop grande proportion ou introduite brutalement, elle expose à un risque de colique d'obstruction. Elle peut donc compléter le foin, jamais le remplacer totalement, et doit être introduite progressivement sur une à deux semaines. La part de paille acceptable dépend du cheval, de son âge, de son état et de son travail : faites valider la ration par votre vétérinaire ou un nutritionniste équin, et assurez-vous que l'abreuvement est irréprochable.
L'enrubanné est-il une bonne alternative au foin pour les chevaux ?+
Il peut l'être, à condition d'être bien choisi et bien conservé. L'enrubanné destiné aux chevaux doit être suffisamment sec, avec au moins 50 % de matière sèche, et totalement exempt de moisissure. Une botte entamée doit être consommée en quelques jours, car elle se dégrade vite au contact de l'air. Le principal danger est le botulisme, qui peut se développer dans une botte mal conservée ou dont le film est percé. Inspectez chaque botte avant distribution, écartez tout lot douteux, et faites la transition progressivement, comme pour tout changement d'alimentation.
Y a-t-il des aides pour les propriétaires de chevaux face à la sécheresse ?+
Pas directement, à ce jour. Les mesures prises en 2026 visent les agriculteurs : dérogation permettant de faucher ou de faire pâturer les jachères déclarées à la PAC, étendue à tous les agriculteurs à partir du 8 août, mesures préfectorales locales et report de certains contrôles. Les chambres d'agriculture réclament en outre un plan d'aide et un soutien de trésorerie. Ces mesures augmentent indirectement l'offre de fourrage. Si vous êtes agriculteur, rapprochez-vous de votre chambre d'agriculture ou de votre syndicat, qui relaient aussi des contacts de fournisseurs. Un particulier peut, lui, solliciter les agriculteurs voisins.
Comment reconnaître un foin de mauvaise qualité ?+
Plusieurs signes doivent alerter. Une odeur de moisi, de renfermé ou de fermentation au lieu de l'odeur douce du foin sec. Un nuage de poussière à l'ouverture de la botte. Des zones blanches, grises ou noircies, signes de moisissures. Une chaleur au cœur de la botte, qui indique une fermentation. Une couleur très brune ou des tiges très grossières, qui trahissent un fourrage récolté trop tard ou mal séché. En période de pénurie, la qualité moyenne des lots baisse : inspectez chaque livraison et refusez un lot douteux, car un foin moisi peut provoquer des troubles respiratoires ou digestifs graves.
Mon écurie peut-elle augmenter le prix de la pension à cause du foin ?+
C'est possible, selon les conditions prévues dans votre contrat de pension, qui précise normalement les modalités de révision du tarif. Les écuries ont fixé leurs prix avant la crise et absorbent une hausse du fourrage qui peut atteindre plusieurs dizaines de pourcents. Le mieux est d'en parler tôt avec le gérant plutôt que de découvrir la hausse sur la facture. Si vous cherchez une nouvelle pension, demandez dès la première visite comment l'écurie s'approvisionne en foin pour l'hiver : une structure qui a sécurisé ses stocks est généralement une structure bien gérée.